La forteresse de Berzé-le-Châtel (Saône-et-Loire)

Siège de la plus ancienne baronnie du Mâconnais, le château de Berzé-le-Châtel est mentionné pour la toute première fois en 991 ! Alors simple castrum construit sur une petite chapelle, il s’agrandit en 1229 lorsqu’Hugues de Berzé le transforme en place forte dans le but de protéger l’abbaye de Cluny. Pendant la Guerre de Cent Ans, la position stratégique de la forteresse en fait un lieu convoité ; elle subit ainsi l’assaut des troupes de Louis XI en 1471. Cent ans plus tard, elle est à nouveau au cœur des combats à l’occasion des Guerres de Religion. À cette époque et contrairement à beaucoup d’autres sites, le château possède encore toutes ses défenses militaires et son aspect médiéval.

Au XIXe siècle, abandonné depuis plus de deux cent ans, Berzé-le-Châtel est une véritable ruine… Grâce à la famille Thy de Milly qui l’achète en 1817, il parvient néanmoins à renaître de ses cendres et devient alors une véritable demeure : les fenêtres sont agrandies et le logis seigneurial entièrement rénové.

Aujourd’hui, le château se visite et fait découvrir au public la manière dont s’organisait la vie dans un château fort. Chaque année, de nouveaux espaces s’ouvrent au public et permettent à ceux qui en poussent les portes de comprendre les enjeux de la vie quotidienne des habitants d’une telle forteresse ; celle-ci ayant l’immense avantage d’avoir conservé les principales caractéristiques d’une demeure médiévale. Grâce à la salle souterraine, la chambre médiévale, le four à pain du XVe siècle, le puits du XIe et tant d’autres merveilles, Berzé-le-Châtel offre l’expérience d’un voyage dans le temps à la découverte des us et coutumes de nos ancêtres.

Chaque année, de nombreux événements y sont organisés afin de rendre plus vivante encore l’immersion au cœur de cette vaste période historique. Le 24 octobre, ne manquez pas la journée consacrée à l’essentielle notion des contes et légendes ; une visite thématique pour toute la famille est spécifiquement prévue !

Le château de Pierreclos (Saône-et-Loire)

À seulement 8 kilomètres de la forteresse de Berzé-le-Châtel, vous serez instantanément conquis par le charme du château de Pierreclos qui, comme son imposante voisine, a appartenu à Hugues de Berzé.

En 1422, le château de Pierreclos est le lieu d’un important affrontement entre Armagnacs et Bourguignons. Les premiers finissent par s’emparer de la demeure avant que celle-ci ne soit reprise quelques années plus tard. À peine remise de ces terribles combats, Pierreclos fait face aux pillages des Ecorcheurs, de sanglantes troupes armées réputées pour avoir commis de nombreux crimes au XVe siècle. À cette époque, le château est entre les mains de la famille Rougemont et le restera jusqu’en 1665.

Acheté par un certain Jean-Baptiste Michon, écuyer du Roi au bureau des finances de Lyon, Pierreclos est alors en grande partie transformé pour correspondre aux codes esthétiques et architecturaux du Grand Siècle.

Vendu à la suite de la Révolution Française, le château est acquis en 1829 par Jacques Chaland de Saint-Chambond ; sa famille profite du domaine pendant 80 ans. Colonie de vacances de la fin de la Seconde Guerre Mondiale aux années 1970, Pierreclos arrive aux mains de la famille Pidault en 1989.

Après avoir été superbement restauré, Pierreclos est aujourd’hui un fantastique site viticole riche de 8 hectares en Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Mâcon-Pierreclos, Mâcon-Bussières et Mâcon-Milly. Les visiteurs peuvent aussi profiter du charme et du calme du domaine en séjournant dans l’une des 5 chambres d’hôtes proposées par Anne Françoise et Jean Marie Pidault. De même, de fantastiques espaces de réception sont disponibles et peuvent être loués pour des mariages.

Le château de Chasselas (Saône-et-Loire)

Le château de Chasselas vous permet lui aussi d’organiser le plus beau jour de votre vie dans un lieu enchanteur et un cadre absolument unique. La journée peut commencer dans la superbe cour d’honneur, lieu idéal pour la tenue du cocktail, et se poursuivre dans la grande salle de réception et son charmant jardin attenant. Le soir, profitez de la maison d’hôtes pour expérimenter encore un peu plus la vie de château. Pour vous et vos invités, elle se compose de trois chambres doubles, une chambre simple et un mini gîte.

Même s’il est un lieu privilégié pour l’organisation de vos réceptions, le château de Chasselas est avant tout un domaine viticole. Avec ses douze hectares de vignes partagés entre les appellations Bourgogne et Beaujolais, le domaine produit de merveilleux Pouilly-Fuissé mais aussi le trop méconnu Crémant de Bourgogne grâce à sa production de chardonnay. Également riche en gamay, le château produit aussi du Mâcon rouge, du Beaujolais Villages et un succulent rosé pétillant.

À l’origine, le village de Chasselas était un relai idéal pour les voyageurs effectuant la route Lutèce (Paris) – Lugdunum (Lyon). Édifié en 1325, le château a appartenu à près d’une dizaine de familles avant d’être longtemps laissé à l’abandon. Aujourd’hui, il doit sa résurrection à  Jean-Marc Veyron la Croix et Jacky Martinon, deux châtelains passionnés par l’univers du vin. Le premier est issu d’une famille aristocratique bourguignonne dont les origines remontent au XVIe siècle tandis que le second est l’actuel représentant d’une importante lignée de vignerons. Grâce à eux, le domaine a obtenu il y a peu le label HVE (Haute Valeur Environnementale). Chaque jour, ils se battent pour préserver le fabuleux héritage architectural qu’ils ont entre les mains et parviennent à faire perdurer et partager la haute qualité des vins de Bourgogne.

Le château de Cormatin (Saône-et-Loire)

Pour terminer en beauté ce tour de Saône-et-Loire, direction le château de Cormatin, siège des seigneurs du même nom au XIIe siècle !

Cette puissante famille bourguignonne s’impose dans le paysage de l’Histoire de France en s’illustrant au moment des Guerres de Religion. En récompense de ses bons et loyaux services, le seigneur Antoine du Blé est fait lieutenant général et gouverneur de Chalon-sur-Saône tandis que son fils Jacques est reçu à la Cour de France où il devient ami avec Marie de Médicis. Fait marquis par Louis XIII, il meurt au combat en Italie en 1629.

Si la famille réside peu à Cormatin dans les années qui suivent, c’est le lieu que Louis XV choisit en 1722 pour y exiler son maréchal Nicolas du Blé après l’opposition de celui-ci à une quelconque alliance avec l’Angleterre. À la mort du neveu et héritier de Nicolas, le domaine arrive aux mains de la fille naturelle de celui-ci, Sophie Verne. Grâce à elle, le château reprend réellement vie et sort de sa torpeur. Son mari crée de splendides jardins et parvient à calmer la foule venue piller le château en 1789 en leur donnant tout le vin contenu dans la cave…

Au XIXe siècle, c’est un écrivain et homme engagé bien connu qui va faire les grandes heures du château de Cormatin : Alphonse de Lamartine. Amoureux de la fille du propriétaire, il s’installe au château à partir de 1843 et y réunit ses amis politiques pour leur présenter son programme « républicain et socialiste. » S’ensuit une faste période pour le domaine grâce à l’artiste Jacques de Lacartelle, né au château en 1888, qui y organise chaque année le « Concours musical de Cormatin. »

Aujourd’hui, Cormatin appartient à Anne-Marie Joly, Marc Simonet-Lenglart et Pierre-Albert Almendros qui, depuis 1980, restaurent ce fabuleux domaine ouvert au public. Les visiteurs peuvent désormais y découvrir les appartements de la marquise d’Huxelles, un splendide cabinet de curiosités, le magnifique cabinet de Sainte-Cécile, la cuisine, les salles 1900 mais aussi de fabuleux jardins qui appellent à l’évasion et à la rêverie…

Bérengère Guicheteau et Pierre Holley