Les châteaux français ont la cote. Et ce, depuis toujours. Le génie architectural du Roi-Soleil démontre bien à quel point la démesure luxuriante attire et surprend. Déjà, l’histoire même de France confère à elle seule le monopole de l’intérêt qu’elle porte au-delà des frontières. Riche en rebondissements, ce pays a toujours suscité l’engouement et la ferveur des partisans de l’art et de la beauté, venus d’ailleurs. Car ces bâtisses le sont : majestueuses et emblématiques.

 

1. Pourquoi un tel attrait des étrangers pour les châteaux français ?

Plusieurs raisons expliquent cette appétence pour ces lieux magiques. La combinaison de ces différents aspects, génère une attraction qui tient une place privilégiée dans le cœur des touristes, aussi bien français qu’étrangers.

L’implantation architecturale

D’abord de facture sobre et utilitaire, l’édification de ces forteresses prône une architecture solide, sans fioritures. L’ornement n’étant pas la fonction première de ces mastodontes de pierres. C’est François 1er qui, au retour de son périple guerrier entamé en Italie, émerveillé par leur architecture à la fois riche et sophistiquée, développera le style Renaissance. Les ornements muraux s’incrustent volontiers comme apparat. Les fenêtres s’agrandissent pour laisser passer la lumière et offrent une vue imprenable sur les jardins, fraîchement conditionnés. C’est dans la vallée de la Loire que se trouvent les plus beaux spécimens architecturaux de cette conception.

Cette architecture, faisant de plus en plus appel à différents corps de métiers artistiques, va se transformer au gré des années, toujours dans l’optique d’offrir les plus beaux sites royaux. Le cachet estampillé fera office de certificat de valeur. Les rois s’entourent des meilleurs architectes, venant parfois de pays voisins. Les monarques ne sont plus tant des guerriers, ils deviennent plutôt des intellectuels, appréciant l’art à un haut niveau. Le joyau de Versailles en est un parfait exemple et une finalité en soi dans ce domaine.

Les Jardins à la française

L’art de concevoir ces jardins s’appuie d’abord sur l’esthétisme ornemental italien. Les jardiniers vont d’abord s’inspirer de leurs œuvres végétales. S’ajoutera à cette base, la perfection des formes, qui définira ainsi le Classicisme. La régularité de la disposition des éléments végétaux, sur d’immenses portions de terrain, achèvera d’ancrer la reconnaissance mondiale de cet art. Agrémentés par la suite de somptueux et vertigineux décors, ils servent aussi à innover de nouvelles technologies sophistiquées, pour alimenter fontaines et effets de lumière.

Le métier de paysagiste obtient une notoriété telle, que les plus grands fondateurs de ces structures, sont anoblis par le roi en place. De Claude Mollet au XVIe siècle, à André Le Nôtre, sous Louis XIV au XVIIe siècle, leurs conceptions feront couler beaucoup d’ancres et seront admirées pour les siècles à venir. Versailles reste le modèle le plus emblématique dans sa création et sa signature sera imitée à travers le globe.

 

La gastronomie à la cour

Un autre aspect qui définit l’admiration de ces lieux, est la gastronomie. Encore aujourd’hui de par le monde, la gastronomie française est réputée et a gagné ses galons, grâce à l’élaboration de cette culture raffinée, préparée dans les cuisines royales. Tout comme les paysagistes, les plus grands gastronomes de leurs états sont invités au palais, pour servir les plus beaux mets royaux. Pour ne citer que quelques-uns des plus connus, Guillaume Tirel, dit Taillevent, au XIVe siècle, devient notamment le cuisinier de Charles V et est le précurseur de la création de l’ouvrage littéraire culinaire.

Au XVIIe siècle, François Pierre De La Varenne instaure une cuisine plus équilibrée, en bannissant le sucre dans les plats et en réintroduisant les légumes locaux. Ayant une prédilection pour les herbes aromatiques, il est le père du bouquet garni. À la même période, François Vatel est le plus connu de tous, pour avoir organisé un banquet de 3 jours pour Louis XIV.

Par extension, le vin, boisson de luxe par excellence pour accompagner ses mets précieux, se développe de manière considérable, pour atteindre des sommités en la matière. L’habileté à développer des cépages de qualité, amène ce breuvage à une place de choix dans l’art culinaire français, qui perdure encore de nos jours. Ce milieu vinicole conçoit dès lors, une industrie d’autorité, car c’est avant tout un produit local, faisant partie du patrimoine français.

 

La vie à la cour


De la sobriété à l’esthétisme :

L’évolution de la vie dans les murs féodaux se limite d’abord à la vie politique du pays. Les stratégies guerrières s’élaborent en leurs seins et la population présente est limitée. De plus, ne restant pas plus longtemps qu’un temps de guerre, l’effervescence et l’activité sont réduites à leur stricte minimum. Ce n’est qu’à partir du moment où les rois en font leur lieu d’habitation, que les nouvelles habitudes de vie s’installent, en même temps que l’habilitation du nouveau genre architectural. Le paraître devient un acte de pouvoir et de signe de richesse. Aux yeux des autres nations, la France combine une place unique et référentielle.

Les inventions françaises :

Les découvertes technologiques de l’époque étant principalement françaises, elles permettent d’asseoir la notoriété grandissante de ces anciens Francs, devenus le centre de l’univers. Toute invention passe obligatoirement entre les mains des nobles. S’ensuit la présence requise des concepteurs par les rois, qui sont assignés à demeure. Par là même, pour que ces aristocrates entourant le monarque, puissent profiter des joies voluptueuses de la vie de château, celui-ci se remplit de toute une communauté interne. Les privilèges accordés aux hôtes instaurent un statut de première catégorie. Ses services contribuent à développer un prestige luxurieux sans précédent.

La tactique du Roi-Soleil :

Louis XIV le Grand comprend l’importance de maintenir cette ethnie sous sa coupe, en leur offrant le droit de vivre sous son toit. Il anticipe ainsi, d’éventuelles rébellions ou attentats à son égard. Pour endormir l’agressivité de ses sujets, il leur offre de fastueux spectacles et décors. Il surveille alors les moindre faits et gestes de ses hôtes, installés dans son palais. Son long règne contribue aussi à incruster dans les esprits, cette vie d’avilissement épicurien.

 

2. L’hexagone est le pays le plus visité au monde

En 2018, la France a été fréquentée par pas moins de 89,4 millions de touristes étrangers, toutes nationalités confondues. Elle a battu son propre record, par rapport à l’année précédente. C’est l’endroit le plus visité au monde, devant l’Espagne, les États-Unis et la Chine. Il y a fort à parier qu’elle dépassera rapidement la barre des 100 millions de visiteurs, d’ici deux ans. Les châteaux ont un avenir assuré.

 

3. L’histoire du château français

Avant de devenir cette majestueuse contrée, telle que définie aujourd’hui, ce territoire est autrefois morcelé de régions, sur lesquelles règnent une seigneurie sur chacune d’elles. De Clovis en 481 à la révolution française, chaque monarque fait construire son château et aussi ceux offerts à ses sujets anoblis. Ils évoluent au fil du temps. Pour finir par s’enorgueillir avec la plus grande construction, jamais réalisée : Versailles.

Qu’est-ce qu’un château ?

Pour comprendre l’engouement de ces édifices par les touristes venant de nations lointaines, il est intéressant de s’attarder un moment sur ce que sont ces gigantesques constructions. Leurs utilités premières consistent à protéger la monarchie et la noblesse mise en place. Ces rois n’habitent pas dans ces forteresses, mais y séjournent pendant les sièges des assaillants. Les fortifications comprennent l’enceinte, d’abord faite de bois, puis de pierre. Un donjon surplombe la muraille, pour prévenir des dangers alentours. Pour certaines d’entre elles, des douves entourent les lieux, considérées alors comme infranchissables. Ici, l’art de la guerre prend tout son sens et c’est une des raisons de cette fascination pour ces constructions. Tout l’édifice est conçu pour la protection de ses dirigeants et de son peuple. Ces bâtisses servent de refuge.

Ce n’est que vers la fin du Moyen Âge, que les monarques s’installent petit à petit dans ces somptueuses demeures, pour y élire domicile définitivement. Chaque pièce est alors investie d’une recherche raffinée en matière de décoration, à la hauteur de la suprématie installée. Pour arriver en fin de parcours à des minis États dans l’État, au même titre que le Vatican de nos jours. La vie interne s’organise autour du roi et définit l’endroit comme le plus important du pays.

 

4. Combien y a-t-il de bâtiments seigneuriaux ?

Il est difficile d’estimer le nombre exact de structures présentes sur le terroir français. Les plus répandus sont classés par le ministère de la Culture et 11 000 édifices sont recensés sur cette liste. Beaucoup de propriétaires n’inscrivent pas leurs domaines au monument historique et ne sont donc pas comptabilisés dans les chiffres officiels. Au total, 45 000 bâtisses estimées, sont réparties sur les 36 000 communes françaises. Il y a donc plus d’une forteresse seigneuriale ou privée par commune.

 

Répartition régionale et départementale


Avec ses 45 000 ouvrages en tout genre, répartis sur le territoire français, quelques régions sont plus fournies que d’autres. Une concentration importante de ces bâtisses se situe majoritairement dans la région du Val de Loire. L’unique ouvrage le plus mondialement réputé, est sans conteste Versailles.

La Région du Val de Loire:

Anciennement le comté de Tours, cette circonscription est à l’origine d’une guerre féodale, qui a pour conséquence, de multiples constructions royales. À cette époque de la Renaissance, la cour des rois de France est installée dans ce fief. Pas moins de 3 000 principaux édifices royaux sont situés dans cette région. De ce fait, le Val de Loire est inscrit sur la liste du patrimoine mondial, par l’Unesco.

Le département de la Dordogne :

Certaines régions sont plus fournies que d’autres, selon son histoire monarchique. Par exemple, si vous cherchez le pays des mille et un châteaux, il faudra vous rendre dans le département de la Dordogne (24). Cet endroit est devenu le lieu privilégié des seigneurs qui, pendant la guerre de Cent Ans, prêtent allégeance envers les rois. Ceux-ci leur accordent la permission d’édifier de somptueuses demeures fortifiées.

Le département de l’Isère :

Dans cette contrée, plus de 560 vestiges sont recensés, dont la plupart sont en ruine. 25 d’entre eux sont ouverts au public, notamment des forteresses féodales ou de somptueux domaines.

Versailles : le plus grand du monde

Situé dans les Yvelines, ce monument historique s’étend sur une superficie de plus de 63 000 m², comprenant 2 300 pièces. Il est également inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Son parc couvrait 8 000 hectares, jusqu’à la révolution française, pour n’en contenir plus que 813 à ce jour. Faisant partie du style Classicisme, plus de 8 millions de visiteurs l’ont arpenté en 2018. C’est le troisième monument le plus visité en France.

 

La route des châteaux :

Pour les férus de l’histoire de France, il existe des circuits étudiés et élaborés pour chaque région, axées autour du sujet. Ils permettent de suivre un itinéraire spécifique, intégrant les demeures et forteresses les plus intéressantes.

Ces circuits sont passionnants et sont une alternative aux classiques du tourisme.