Dans le Sud de la France, l’Hérault se distingue par la beauté de ses paysages et la richesse de ses atouts naturels. Terre de culture et de traditions, c’est aussi un territoire qui possède un important patrimoine, bâti au fil des siècles et des aléas de l’histoire. Partons aujourd’hui à la découverte de quelques perles rares qui font de l’Hérault un département dynamique et incontournable. Cet été, je visite la France !

Château de Raissac

Situé à seulement quatre kilomètres du cœur de Béziers, l’une des villes les plus anciennes de France, le château de Raissac est un château viticole d’exception. Demeure familiale, le château appartient à la même famille depuis 1828. Aujourd’hui, les propriétaires ont à cœur de partager avec le plus grand nombre les beautés et la richesse de leur patrimoine.

Représentant de la sixième génération, Gustave Viennet gère le domaine depuis plus de dix ans. Dans un chai creusé dans la roche calcaire au XVIe siècle, il prépare et assemble des vins d’appellation Pays d’Oc et Languedoc. Dans le strict respect de l’environnement, les 80 hectares de vignes du Domaine de Raissac sont soignés dans la plus pure tradition de la valorisation du terroir. Un terroir particulièrement riche qui profite d’un microclimat méditerranéen et d’un taux d’ensoleillement exceptionnels.

Entre plaine et colline, le château de Raissac se situe sur les fondements d’une ancienne villa romaine. Une cave datant de cette époque et une vaste nécropole découverte il y a peu témoignent d’une occupation de ses terres vieilles de 6 000 ans. Cependant, le château tel que nous le découvrons aujourd’hui ne date que du XIXe siècle et possède une architecture classique élégante : deux ailes symétriques encadrent une cour d’honneur gardée par deux sphinges. À l’intérieur, Gustave et son épouse Marie proposent cinq chambres à la location. Confortables et spacieuses, elles offrent toutes une superbe vue sur le parc dans lequel les petits-déjeuners sont servis à l’ombre des arbres centenaires lorsque le temps le permet. Pour les personnes voyageant en groupe, il est également possible de louer l’intégralité du château. Celui-ci peut accueillir seize personnes et propose des services de grande qualité : six chambres et une suite familiale équipées d’une salle de bain, un parc de 3 hectares dans lequel sont installés de nombreux jeux et, surtout, la proximité de grands sites culturels et des plus belles plages de Méditerranée.

Aussi, le château possède un musée consacré à la faïence, la passion des parents de Gustave, eux-mêmes artistes. Sur réservation, des cours de céramique et de peinture y sont organisés.

Château de l’Engarran

À proximité immédiate de la première ville du département, Montpellier, le château de l’Engarran est une propriété viticole construite à partir du XVIIe siècle.

Dans son testament, Henri d’Engarran exige que son nom reste associé au domaine qu’il a fondé en 1632. Cent ans plus tard, un certain Jean Vassal développe le vignoble attaché au château, dessine son parc à la française et construit la folie montpelliéraine que nous connaissons aujourd’hui. Dans la région, ce terme désigne les riches demeures de plaisance construites sous l’Ancien Régime par la bourgeoisie locale.

En 1816, le château est acquis par Laurent Quetton Saint Georges, un riche colon qui commence à exporter les vins du domaine au Canada. Des vins qui permettent à Henri Mares, un proche de Pasteur, d’expérimenter des traitements avant-gardistes qu’il présente à l’Exposition Universelle de 1867 où il reçoit le Grand Prix de l’Agriculture pour sa découverte sur les actions du soufre sur l’oïdium, maladie également appelée « pourriture blanche. »

Aujourd’hui, le domaine appartient à trois générations de femmes qui prennent soin de cet exceptionnel héritage architectural mais aussi de ce superbe domaine viticole qui produit des vins rouges, rosés et blancs de qualité. Il est possible de les déguster à la fin d’une visite guidée qui présente l’intérieur du château, meublé selon les goûts des XVIIe et XVIIIe siècles.

Aussi, tous les samedis après-midi, des « goûters sur l’herbe » sont organisés dans le parc du domaine. Pour en profiter, il suffit d’apporter sa nappe de pique-nique. Les équipes du château prévoient un panier repas qui comprend des viennoiseries, des brioches, des chouquettes et une bouteille accompagnée de ses deux verres gravés ; de quoi profiter d’un bel après-midi digne des déjeuners de Manet !

Château de Flaugergues

Pour cette troisième étape, restons dans la campagne montpelliéraine pour découvrir une des plus célèbres « folies » de la région : le château de Flaugergues.

Etienne de Flaugergues fait l’acquisition de ce domaine en 1696. Pendant près de 45 ans, il s’attelle à l’embellissement et l’agrandissement de cette extraordinaire demeure de plaisance.  Son architecture et la beauté de son parc servent de modèles aux autres châteaux de la région. À l’intérieur, le trésor de Flaugergues est son incroyable escalier. Démesuré, il représente plus d’un quart du volume total de la maison ! Il dessert des pièces décorées d’un rare ensemble de tapisseries flamandes tissées dans les années 1670 et classées monuments historiques en 1982. Aménagés sur 4 hectares, les jardins du château sont exceptionnels à bien des égards : séparés en six espaces distincts, ils sont un exceptionnel lieu de promenade. Depuis peu, une ferme collaborative cultivée par ses membres est visible en droite ligne du jardin. Les visiteurs pourront bientôt découvrir cet exceptionnel potager lors de leur visite guidée des jardins ; une visite qui les emmène aussi à la découverte de l’allée des oliviers, des vignes et du parterre sur terrasse aujourd’hui aménagé dans un style « à la française. »

Devenu propriété de la famille des Bousairolles en 1811, le château est transmis de générations en générations depuis cette date. Il appartient aujourd’hui à la famille d’Henri de Colbert et témoigne de l’art de vivre des riches aristocratiques montpelliérains. Accueillant le public pour une visite du château et de ses extérieurs, il possède également un restaurant extrêmement renommé qui propose une riche cuisine de marché faite à partir de produits frais et locaux. Servis en verre ou en bouteille, les vins du domaine accompagnent les plats du chef Thierry Alix à la perfection et permettent aux hôtes de vivre l’expérience d’un moment unique.

Château d’O

Grâce à son théâtre, son amphithéâtre, son bistrot et son agréable parc, le domaine d’O est aujourd’hui l’un des lieux de culture les plus importants de Montpellier. Pourtant, le public qui en franchit chaque année les portes ne sait peut-être pas qu’il s’agit également d’un site à l’histoire presque millénaire. En effet, le domaine est mentionné pour la première fois au XIe siècle sous le nom de « mas de Villar. »  Alors propriété du comte de Melgueil, il appartient au seigneur de Figaret en 1545 puis à celui de Montferrier quelques années plus tard. Pourtant, ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle que l’histoire du domaine tel que nous le connaissons aujourd’hui commence. Conseiller du roi, Charles-Gabriel Le Blanc transforme le château, construit des communs, une chapelle et aménage un somptueux jardin qu’il agrémente de magnifiques bassins et fontaines. Rapidement, les aménagements extérieurs du château d’O deviennent les plus beaux de la région ; jusqu’à sa mort en 1750, Charles Gabriel Le Blanc travailla à leur embellissement.

Passablement abandonnés par des propriétaires qui n’ont pas su en prendre soin, le château d’O et ses jardins sont acquis par le département en 1905. Classés monuments historiques en 1922, ils font l’objet d’une importante campagne de restauration à partir de 1958 et sont désormais un haut lieu d’animation culturelle. Public, le parc comprend 20 hectares de jardins à la française ouverts à tous. Le domaine comprend également un petit théâtre qui accueille rencontres, conférences et compagnies en résidence, un grand théâtre qui propose une salle de 600 places et un restaurant. Un amphithéâtre de 1 800 places complète finalement ces installations. Chaque année, ce sont quatre festivals et toute une saison de spectacles qui sont organisés au domaine d’O sous l’œil protecteur de la bâtisse XVIIIe qui semble dominer l’ensemble.

Bérengère Guicheteau et Pierre Holley