Le slow tourisme, littéralement le tourisme lent, c’est avant tout se détendre et prendre son temps en vacances : découvrir des paysages, s’imprégner de la nature environnante, privilégier les activités en pleine nature et les rencontres. Le maître mot c’est savourer les plaisirs de l’instant et surtout prendre son temps pour le faire. Ce n’est pas forcément synonyme de farniente tout le long des vacances, mais c’est très certainement se déconnecter d’avec les fonctionnements par objectifs. Comme dirait Alexandre Poussin, célèbre slow touriste, il s’agit de « faire un minimum de choses en un maximum de temps ». L’objectif est de faire ce que l’on a à faire à un rythme agréable, sans se créer de stress.

 

Se recentrer sur l’essentiel

Se réapproprier du temps au moment des vacances, c’est la volonté claire et affichée du slow tourisme. Oui, mais me direz-vous, prendre du temps pour quoi ? Et bien pour vivre tout simplement. Prendre le temps de marcher, de discuter, de regarder…. tout un tas de choses que l’on ne fait plus dans le quotidien par manque de temps. En pratiquant des activités à un rythme acceptable pour le corps sans surcharger son esprit, on se ressource par la même occasion. Le slow tourisme est un peu comme du tourisme méditatif. On se concentre sur ses émotions du moment, ses sentiments. Le slow touriste veut juste être en connexion avec le moment présent. Il redéfinit, à son échelle, les paramètres de ce qui est important pendant les vacances : les plaisirs simples. Et pour reprendre une fois de plus les mots d’Alexandre Poussin, il s’agit de « rentrer en profondeur grâce à la lenteur ». Goûter le plaisir du temps libre, de la joie d’être en plein air, loin du bruit et du stress de la ville. Prendre tu temps pour pouvoir se reconnecter à soi-même. Avoir accès à une nature généreuse, à de beaux paysages reposants pour l’esprit. Ne pas se fixer trop d’objectifs dans la journée pour ne pas avoir à trop organiser. Cela revient à se créer une bulle d’oxygène en se déconnectant de l’allure frénétique du monde moderne ultra connecté. Apparu au début des années 2000, le slow tourisme répond au besoin flagrant de détox digitale.

 

Tourisme hors des sentiers battus

En slow tourisme, on ne cherche pas la performance du voyage. Dans la lignée du « slow food », on veut redécouvrir les vraies valeurs de la vie, loin de la dictature du merchandising et des offres des tour-opérateurs classiques. On ne trouve pas sa destination de vacances parmi le top 10 des lieux incontournables dans le monde. On va bien au contraire privilégier un lieu de villégiature calme, où pouvoir se ressourcer. On recherche surtout l’authenticité en famille ou entre amis, dans un lieu de vie proche de la nature. On se détourne des spots touristiques et des attractions de masse, un peu comme de la peste. L’extraordinaire ou le hors du commun ne font absolument pas partie des priorités. Le local est privilégié à l’international, ce qui veut dire qu’on ne partira pas forcément loin de chez soi. Comme lieu de villégiature, on apprécie énormément les petits villages peu connus, mais au charme authentique. Les endroits un peu oubliés ou en retrait conviennent généralement très bien. Les slow touristes veulent découvrir les territoires hors des best sellers. Ils sautent sur une offre qui s’adresse à des petits groupes de gens. Les petits hôtels, les campings familials, les auberges, les chambres chez l’habitant ou dans un château sont recherchés. Cette nouvelle demande, de plus en plus populaire, fait maintenant l’objet d’offres touristiques de plus en plus nombreuses. On en trouve partout en France tout au long de l’année grâce aux températures relativement clémentes qui sont le point fort du climat français.

 

Activités des slow touristes

Les activités des slow touristes sont simples : le vélo, la randonnée, les balades à cheval. Les slow touristes privilégient les transports propres, avant tout par souci écologique. Ils oublient la voiture ou tout autre transport polluant. Certains redécouvrent la roulotte, se déplacent en bateau ou font des petites croisières, mais dans des proportions raisonnables. L’important est d’avoir un faible impact carbone. Ce choix de transports propres n’empêche absolument pas d’aller découvrir les contrées environnantes. Il permet même à certains de faire des découvertes qu’ils n’auraient pas pu faire s’ils n’avaient pas laissé tomber la voiture. C’est un tourisme responsable, éthique et proche de l’environnement. Il est capable de prendre fait et cause pour une plante ou un animal en voie de disparition. Très conscient des enjeux climatiques et environnementaux, il prend soin de ne pas dénaturer ou abîmer les espaces sur lesquels il passe ses vacances. Les slow touristes adorent la gastronomie. Il leur est impossible d’imaginer ne pas manger local. Ils privilégient forcément les produits locaux, les produits bio et les circuits courts de distribution. Œnotourisme et gastronomie font partie des activités privilégiées de cette forme de tourisme. Certains choisissent d’aller visiter des châteaux et surtout d’aller au contact des locaux. Le contact et le partage sont très importants, toujours dans un grand esprit de respect des populations locales.

 

Qui sont les slow touristes ?

Tous les gens qui apprécient le slow tourisme et qui se mettent à le pratiquer ont une vraie prise de conscience environnementale. Ils considèrent que le tourisme de masse peut faire du mal aux territoires et aux populations qu’il vient « coloniser » le temps d’une saison touristique. Ils ne veulent pas obliger les personnes ou les populations qui les accueillent à satisfaire leurs envies et leurs moindres besoins. Ils cherchent à préserver les identités locales en étant en communion avec les gens qu’ils rencontrent. Les slow touristes s’adaptent au rythme et à la manière de vivre des populations chez qui ils vont. Toute relation qui s’installe doit trouver son harmonie dans une juste mesure. On trouve des slow touristes dans toutes les tranches d’âges. Beaucoup ont quarante ans et plus. Ils ont largement pratiqué le tourisme de masse par le passé et en sont revenus. On peut dire qu’ils ont pris du recul par rapport à cette pratique. On trouve des slow touristes aussi chez les jeunes parce qu’ils sont la génération de la prise de conscience de l’urgence environnementale. Les slow touristes sont parfois très aisés, d’autres le sont moins. Mais tous partagent la même quête spirituelle d’un monde meilleur. Et pour cela, ils ont compris qu’il faut recréer du lien entre les gens. C’est ce qu’ils partent faire en vacances. Et au lieu de courir après le temps et les activités, ils ont décidé de décélérer.