Ce n’est pas un thème en vogue pour les propriétaires de Châteaux !

Ils sont de plus en plus nombreux à changer leurs pratiques pour préserver l’environnement.

Témoins de premier plan du changement climatique, de l’importance des ressources naturelles, en lien avec la faune et la flore de tout un écosystème, les châteaux français s’associent à la prise de conscience collective concernant l’urgence environnementale.

Ils deviennent acteurs à part entière de la protection et de la préservation des ressources naturelles et contribuent à la transformation de notre rapport à la nature et à l’environnement.

Les châteaux français participent ainsi au changement des expériences et des pratiques pour être dans un rapport plus juste à la nature.

En Pays de la Loire, prenons l’exemple du Château du Rivau. Il sert dans son restaurant les produits du cru, issus d’une agriculture écoresponsable. Comme lui, d’autres châteaux ont comme valeurs primordiales un souci d’éthique environnementale et un profond attachement à l’écologie.

Fini le temps où on exploitait les ressources naturelles de manière abusive.

Leur engagement est d’être en accord avec les besoins de la nature.

Lui rendre ce qu’on lui doit et maintenir les équilibres écologiques sur le long terme est le but ultime.

Cela passe par la volonté de protéger la faune et la flore, par un contact direct avec la nature, par la pratique du jardinage sans engrais chimiques par exemple.

Beaucoup de châtelains sont bel et bien à l’unisson des préoccupations du monde actuel.

Ils ont compris que les grands domaines qu’ils exploitent peuvent non seulement pratiquer la transition écologique, mais en être également l’étendard.

Harmoniser leurs pratiques et leurs vécus avec les enjeux environnementaux actuels peut aussi servir à sensibiliser le public aux grandes problématiques environnementales.

Ils s’appuient pour cela sur des labels qui défendent l’agriculture biologique.

Le label Ecocert par exemple protège les produits issus de l’agriculture biologique.

Il encourage et soutient le développement de ce mode de production.

 

Changements de pratiques dans les Châteaux viticoles

Nombreux sont les châteaux viticoles français à avoir fait le choix d’une viticulture Bio.

A titre d’exemple, le Château Suau est un château viticole dont la propriété s’étend sur 82 hectares à 35 km de Bordeaux.

66 hectares sont consacrés à la vigne qui entoure les bâtiments du Château.

Le domaine produit des vins aux appellations Cadillac Côtes de Bordeaux.

Dès 2008, le Château Suau commence sa conversion en agriculture biologique.

À partir de 2014, tous les vins produits sont certifiés Ecocert.

Le Château Suau effectue un certain nombre de démarches environnementales : il replante des plants conformes à sa nouvelle orientation pour mieux accompagner le cycle de la vigne.

Il n’utilise aucun produit chimique, mais au contraire des produits dits naturels qui ne pénètrent pas dans la plante, mais restent à la surface.

Cela permet de protéger la santé des employés. Ces produits ne sont pas résistants à la pluie.

Il faut donc les réintroduire sur la vigne après chaque pluie.

La vigne doit également être labourée de temps à autre.

La vinification bio dans le chai est également très réglementée depuis 2012.

Les fermentations sont effectuées à partir de levures propres au raisin.

Le Château Suau cherche toujours à rapprocher un maximum les saveurs du vin à celles de son terroir.

Le but n’est pas d’augmenter à tout prix la teneur en alcool.

La vinification change et le Château n’ajoute donc plus autant de sucre qu’auparavant avant la fermentation.

Il faut surtout être en accord avec ce que donne le sol.

Le Château cherche à produire un vin authentique, au goût le plus pur possible.

Dans cette démarche, le respect du sol est tout aussi important que la production du vin, il faut préserver la terre, ne pas la fatiguer, ni l’épuiser ou l’appauvrir.

Améliorer les sols fait partie du cahier des charges de ce mode de culture.

Ce changement de pratique se retrouve également chez les Châteaux non viticoles.

Des Châteaux de plus en plus protecteurs de la biodiversité

Prenons l’exemple du Château de l’Escarelle, en Provence, qui a choisi de préserver la biodiversité de son domaine.

Il met tout en œuvre pour sauver les espèces qui s’y trouvent et renaître grâce au développement durable.

Il sensibilise également autant que possible le public à la protection de la nature.

Les papillons y sont tout particulièrement choyés dans un jardin d’Éden spécialement mis à leur disposition.

Telle une chenille qui devient papillon, le château renaît grâce à la protection de cette espèce qui a tendance à disparaître de nos contrées.

Le propriétaire Yann Pineau, grand observateur du monde actuel, a pris le virage du développement durable pour effectuer une démarche de qualité et valoriser son domaine.

L’intégralité du Domaine a été convertie en agriculture biologique.

Il a été labellisé en 2016 Haute Valeur Environnementale, labellisation HVE de niveau 3.

Ce label prouve que les pratiques agricoles du château ne sont pas préjudiciables à l’environnement.

Le domaine est riche d’une grande biodiversité, une faune et une flore très variées.

Les intrants phytosanitaires et les engrais sont utilisés en faible quantité, surtout dans le potager bio.

Les eaux usées sont retraitées sur place.

L’eau utilisée est rationalisée.

La conversion vers une agriculture biologique a été initiée en 2017.

Le premier millésime biologique sort en 2020.

 

Des Châteaux à faible émission de gaz à effet de serre

Pour illustrer ce changement de pratique, nous prenons l’exemple du Château de Massillan dans le Vaucluse qui a été rénové en respectant des principes de développement durable.

L’isolation des sols, murs et plafonds a été réalisée avec du chanvre.

Les peintures utilisées sont des peintures à la chaux comportant un minimum de composés organiques volatils.

La production d’eau chaude se fait grâce à des panneaux solaires et une pompe à chaleur géothermique.

Les menuiseries ont été fabriquées avec des produits très performants ayant le label Eco certifié PEFC.

La géothermie verticale a été choisie pour le chauffage.

Six puits alimentent les pompes à chaleur et assurent l’essentiel de la consommation d’énergie nécessaire.

La robinetterie bénéficie d’un système « éco-smart ».

Des LEDs ont été installées pour assurer l’ensemble de l’éclairage.

Tout a été étudié dans ce château pour produire le moins possible de gaz à effets de serre et pour réduire ainsi au maximum l’impact environnemental.

La qualité énergétique du château a été grandement améliorée.

Le château n’est plus une passoire thermique et il peut devenir pour beaucoup un exemple à suivre.

L’exploiter signifie désormais profiter du circuit vertueux de l’énergie durable.

Des exemples inspirants en faveur du développement durable.